Maladie de Lyme
Définition
En 1975, dans la ville de Lyme (Connecticut - Etats-Unis) une mère avait un enfant qui souffrait d'arthrite juvénile. Se rendant compte qu'il y avait une véritable épidémie d'arthrites chez les enfants du voisinage, elle prévint les autorités sanitaires. L'Association Rhumatologique de Lyme relia alors cette arthrite à une maladie connue : "l'érythème chronique migrant" et à la piqûre d'un acarien : la tique du daim Ixodes dammini.
Un médecin découvrit l'efficacité du traitement antibiotique et Burgdorfer isola en 1982 le spirochète responsable qui prit son nom (Borrelia burgdorferi) .
Epidémiologie
Les réservoirs de germes sont les mammifères sauvages : écureuils, cerfs, mulots, campagnols. Chiens, chevaux et bétail peuvent également être infectés.
Les vecteurs du germe sont les tiques vivant dans les zones boisées.
Compte tenu de la nature du réservoir et des vecteurs forestiers, les promenades dans les zones boisées et humides entre mai et octobre constituent des situations à risque. La piqûre est indolore et l'inoculation passe souvent inaperçue.
Symptômes
La maladie de Lyme évolue en trois grandes phases séparées par des périodes d'accalmie. Les signes sont très polymorphes (cutanés, cardiaques, ostéo-articulaires, neurologiques), isolés ou associés entre eux.
A partir du point d'inoculation, le germe est responsable d'une lésion cutanée, l'"érythème chronique migrant" (ECM). Cette lésion survient entre 3 et 30 jours après la piqûre de tique. C'est d'abord une papule érythémateuse (rouge) centrée par la morsure qui s'étend progressivement de façon centrifuge, pour former un anneau avec un centre clair et une bordure excentrique active, de couleur rouge. Prurigineuse (entraînant des démangeaisons), cette lésion peut être unique ou multiple. Elle est souvent localisée aux membres inférieurs parfois aux aisselles et aux plis de l'aine.
Une réaction générale accompagne ou précède l'éruption : asthénie, fébricule, maux de tête, douleurs articulaires... C'est à ce stade que la maladie doit être identifiée et traitée. Sans traitement, l'éruption va disparaître spontanément en quelques semaines ou quelques mois. Traité, l'ECM guérit sans séquelle en moins de 10 jours.
Parfois la lésion est confondue avec une dermite de contact, une mycose superficielle, un érythème polymorphe, une réaction inflammatoire banale à une piqûre d'insecte.
D'autres manifestations dermatologiques sont possibles notamment le lymphocytome cutané bénin : ce sont des nodules violacés, arrondis, à contours nets, fermes, localisés sur le front, le lobe de l'oreille, régressant spontanément en quelques mois.
Le germe peut disséminer par voie sanguine à l'ensemble des tissus durant des semaines, des mois, voire des années. Des complications viscérales peuvent alors survenir.
Complications
Les complications secondaires et tertiaires sont très polymorphes et trompeuses d'autant que 70% des patients ont oublié la piqûre de tique et la lésion cutanée qui a suivi :
- poussées d'oligoarthrite (troubles articulaires isolés);
- arthrite chronique;
- troubles de la conduction cardiaque (bloc auriculo-ventriculaire);
- méningite lymphocytaire;
- paralysie faciale périphérique;
- paralysie des membres, encéphalite, myélite
- acrodermatite chronique atrophiante...
Diagnostic
La sérologie aide au diagnostic mais les tests sont peu spécifiques et peu sensibles. Des tests immunoenzymatiques détectant les anticorps anti-Borrelia ont été développés en 1990. Les techniques d'amplification génique (PCR) devraient faciliter le diagnostic dans l'avenir.
Traitement
Le traitement est une nécessité absolue. Il a pour but d'assurer la guérison des symptômes et d'éradiquer la dissémination sanguine du germe.
Plusieurs antibiotiques sont actifs (macrolides, tétracyclines, bêtalactamines...).